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 Ce soir, le ciel... [PV Kazuki]

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Kashyapa Sari

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MessageSujet: Ce soir, le ciel... [PV Kazuki]   Lun 25 Jan - 10:33

[j'èspère que ça sera à la hauteur de ton perso! je t'ai même fait un petit clin d'oeil pour me faire pardonner au cas où!]





Et doucement tu me fais voir, les plus douces de tes histoires…Béatrice Martin, Pour un Infidèle.







Le climat semblait essuyer ses humeurs sur la ville de Tokyo ce soir. Sari sentait passer l’éther transpirant sur sa peau, comme si le temps lui-même blâmait les habitants de ne pas le convier aux plaisirs charnels, auxquels ils s’adonnaient. En effet, Sari était à Kabukicho, non pas pour profiter des multiples divertissements jouissifs qu’offrait la ville, mais simplement pour se procurer les substances, qui lui étaient devenues vitales à ses yeux.

Dans ce qui lui restait de lucidité, elle arrivait à percevoir les effluves d’alcool mélangées aux diverses odeurs pour cabinets d’aisance et de chairs fétides , qui s’exhalaient du quartier. Mais le méphitisme de l’air lui importait peu ; elle restait toujours en contemplation devant la peinture anamorphosée de Kabukicho. Les restes de néons colorés éclairaient de manière crue , ce boulevard du libertinage ; les Onanistes s’affichaient sans pudeur dans chaque coin de rue, les gourgandines éméchées se battaient pour les clients et enfin des hétaïres vous attendaient sagement à leur porte, sourire aux lèvres. On pouvait choisir sa nuit, et payer la qualité du sexe selon le picaillon qu’on avait ; c’en était effrayant.

Lorsque sa chasteté eu repris le dessus, ainsi que ses vapeurs de toxicomane, elle continua son chemin, la visière de sa casquette baissée sur ses yeux pour ne prêter aucune attention aux nombreux appels que lui faisaient la fantasmagorie de la rue. Ses pas la menèrent enfin où son désir était le plus fort ; le petit hôtel « eiko » ou « l’enfant de la longévité » la faisait sourire à chaque fois qu’elle y pénétrait par l’ambiguïté de son nom : un bâtiment qui avait gardé sa clientèle douteuse même après la tempête, et qui se nommait de la même manière que la petite fielleuse qui servait de mère au Refuge…

« Si elle savait … »

Une fois débarrassée du gros lard (« comment avait-il fait pour le rester ? » s’ahurissait intérieurement Sari) mafieux qui se prenait pour un parrain , jusqu'à même imiter l’accent italien (« là , on ne pouvait pas tomber plus bas ») , elle pouvait enfin rentrer « chez elle », même si toute la « famille » l’assassinait des yeux ; d’accord elle avait un peu (voire beaucoup ,le pauvre) atrophié le « neveu »…mais ce n’est pas comme si elle agissait de son propre gré !... si ?

Bref, une fois sortie Sari pouvait souffler, mais c’est ce qu’elle croyait. Au moment où elle sortait de l’hôtel, un voile de sang avait recouvert ses yeux ;elle l’avait reconnu…et aux bras de quelqu’un d’autre. Kazuki Umezawa.

Voilà, sa tête commençait à chanceler ; elle s’imaginait n’importe quoi sur un type (« que je connais paas en plus ! ») croisé seulement le soir, au boulot, dans la rue, vers Ropponji ,dans ses délires…elle le voyait constamment, cela tournait à l’Obsession. Pressée de prendre son narcotique pour se détendre, elle fila … dans la mauvaise direction.

Malheureusement, la femme et son « hôte » avaient choisi précisément la rue d’où elle venait, et ici impossible de ne pas les croiser. Son innamoramento la déchirait jusqu’aux entrailles , son seul but maintenant était d’aller vomir toutes les sensations voluptueuses qui émanaient de lui.

« Pourquoi moi ? » pensa-t-elle ;

Il offrait son bienfait à une « poule de luxe » et tant mieux pour lui ! Un regard furtif vers le couple, lui indiquait que …
« beurk ! mais c’est quoi ce manteau ? il va même pas avec son collier ! »

Eh oui, même dans une pareille situation, Sari gardait un goût avancé pour la mode. Elle se ressaisit bien vite , rattrapée par sa propre apparence ; qui voudrait d’une asperge camée comme elle ? Même ses yeux émeraudes étaient gâchés par les fosses teintées qui lui servaient de cernes.

Sari était restée sans s’apercevoir, immobile dans un coin ;elle le dévorait. Jamais elle n’aurait pensé souffrir pour un être qui, à la base, n’existerait jamais. Mais c’était sans compter la beauté naturelle et savante de cette svelte personne, armée de tous les atouts pour attirer, pour enlacer, pour étreindre et qui paraissaient être des espèces de symboles pour entretenir les vaines espérances de ses conquêtes. A l ‘entendre parler ,il était un de ces courtisans doué d’un esprit d’une verve incroyable, caressante d’ironie, qui se laissait parfois aller par des influences sentimentales ou plastiques. Comme si au fond, il trainait l’ombre séculaire d’un plaisir dissimulé.

Et cela le rendait divin.

.
« SI c’est à ça que les Anges ressemblent, alors moi aussi je veux aller au Paradis » murmura t-elle.









Petite leçon de vocabulaire! afin de vous éviter de vous prendre la tête ^o^

Cabinets d'aisance : WC

Méphitisme : puant

anamorphosée: qui fait des formes bizarres.

Onanistes : personnes aimant la masturbation

HétaÏres : courtisanes de bonne éducation chez les grecs.

Fantasmagorie : spectacle sans queue ni tête

Fielleux(euse) : t'auras bien compris Eiko^^

narcotique : hihihi !

Innamoramento : amour naissant

et voilà! ...quoi je suis un ange? trop aimable x)
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Kazuki Umezawa

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MessageSujet: Re: Ce soir, le ciel... [PV Kazuki]   Jeu 18 Fév - 11:09

L'endroit était horriblement puant, et l'atmosphère saturée de relents de sexe et de mort. De l'asphalte encore luisant des averses de la journée s'élevaient des vapeurs étouffantes, donnant au quartier un aspect fantomatique des plus malsains. La foule bariolée exhalait une odeur putride, telle un amas de débris organique tandis que, d'un pas leste, Kazuki la traversait. Le brouhaha de cette foule résonnait comme le bruit de friture d'un vieille radio en fin de vie, omniprésent, agressif, mais il ne semblait pas l'entendre. Il avait l'habitude.
Nombre de ceux qui travaillaient ici le faisaient par nécessité plus que par choix ; pas lui. Certes, l'Éphémère se situait là, quelque part dans ce dédale de ruelles sordides, mais on ne pouvait dire que les propositions avaient manqué, ces dernières années, et il aurait pu à tout moment quitter ce quartier abject. Mais il n'en était rien. Car il trouvait ça place ici, parmi les dealers et les marchandes d'amour et d'illusions qui se disputaient quelque parcelle de trottoir, leurs lèvres écarlates laissant échapper des ignominies offrant un contraste violent avec leur aspect charmeur.

Ici, on le connaissait sous le nom d'Andy. Andy l'hôte, Andy la pute de luxe. Andy, que l'on voyait toujours au bras des plus influents. Ce soir, la femme qu'il raccompagnait chez elle était la patronne d'une importante maison de passe située non loin d'ici ; elle pouvait certes avoir les hommes qu'elle souhaitait, mais se plaisait parfois à se payer un hôte, simplement pour apprécier la compagnie de quelqu'un considérant les mots "bonnes manières" comme faisant partie de son vocabulaire.
Cependant, si elle le trouvait parfaitement à sa convenance, Kazuki, lui, était loin de l'apprécier. C'était une femme entre deux âges, à la beauté provocatrice, vulgaire ; ses lèvres brillantes dévoilaient une rangée de dents jaunies par la cigarette, et elle posait sur lui nombre regards, sous des paupières tombantes lourdement fardées. Elle affichait sa richesse, révoltante, étant donné le contexte actuel, comme une bannière, se parant de lourds colliers de perles ou de pierres semi-précieuses, et alourdissant ses doigts maigres de nombreux anneaux. Elle cachait son corps osseux derrière de lourds manteaux de fausses fourrures, et faisait claquer avec arrogance ses talons sur l'asphalte, adressant des regards hautain aux femmes qu'elle croisait. Comme si, selon elle, s'afficher avec le si célèbre Andy apportait un quelconque statut. Si elle savait.

Et, tandis qu'ils s'enfonçaient tous deux dans le dédale des ruelles de Kabuchiko, Kazuki laissait son regard errer sur les murs suintants, ou s'accrocher parfois sur quelque passant esseulé. Un homme ivre-mort dans un caniveau. Un groupe de jeune aux airs belliqueux. Une ado aux jambes interminables, murmurant quelque paroles connue d'elle seule ; petit bout de femme aux yeux d'émeraude ternis par la drogue et la fatigue... Il eut l'impression de pouvoir contempler, en un regard, la vie entière de ces inconnus. Et, de vie en vie, sans s'en apercevoir, il avait atteint sa destination.

Sa cliente monta les quelques marches de son palier, avant de se tourner vers Kazuki.

" Tu restes, cette nuit ? " demande-t-elle, enjôleuse.

Il secoua la tête en guise de négation, un sourire poli peint sur ses lèvres si tentatrices, puis fit volte-face pour prendre le chemin inverse.

" Andy ! " appela la femme.

Il ne se retourna pas ; après tout, ça n'était pas son nom.

Un homme le suivit du regard, appuyé contre un mur ; il eut la fugitive impression de se voir, comme au travers de ces yeux lubriques injectés de sang : son long manteau sombre venait fouetter ses mollets, et son écharpe blanche, rappelant de façon troublante le teint diaphane de sa peau, et offrant un contraste saisissant avec ses cheveux de jais voletant autour de son visage. Ses lèvres, exsangues, laissaient échapper à intervalles régulières un mince nuage de vapeur.

Bientôt, il eut rejoint la rue adjacente. Un unique lampadaire, probablement alimenté par une batterie installée là par les habitants du bloc, éclairait l'endroit de sa lumière crue, vacillante. Et là, juste en dessous, l'ado aux yeux couleur d'absinthe. Une jupe minimaliste, surmontée d'une veste de cuir noir qu'elle tenait fermée contre sa poitrine, une casquette d'inspiration militaire maintenant en place ses courts cheveux auburn : Kazuki la trouva belle. Ses yeux cernés fixaient un point devant elle ; elle ne semblait pas l'avoir vu.
Et lui eut envie de lui parler. Elle, elle n'avait pas la prétention de tout ceux qui le côtoyaient. Il y avait chez elle une fragilité et une force mêlées qui lui rappelèrent Jan.

Alors, pris d'ivresse et d'un léger vertige, mû par un instinct dont il n'aurait su déterminer la source, il s'avança.

N'importe qui d'autre l'aurait abordée, elle aurait probablement fuit sans demander son reste ; le quartier n'était pas sûr. Mais Kazuki ne faisait pas partie du commun des mortels, et il savait qu'elle ne le repousserait pas. Après tout, n'était-il pas l'hôte le plus prisé de tout Kabuchiko ?

Tandis qu'il arrivait devant elle, il s'arrêta, pris d'un doute. Il avait voulu lui parler ; mais de quoi ? Il la regarda, juste avant qu'elle ne lève les yeux vers lui.

" Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'ai eu envie de vous parler. " lâcha-t-il avec franchise, dans un sourire. " J'espère que vous ne m'en voudrez pas. "

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Dernière édition par Kazuki Umezawa le Mer 2 Juin - 5:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ce soir, le ciel... [PV Kazuki]   Sam 20 Fév - 8:26

“I've been looking for a savior in these dirty streets
Looking for a savior beneath these dirty sheets”
Tori Amos, Crucify.








" Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'ai eu envie de vous parler. " lâcha-t-il avec franchise, dans un sourire. " J'espère que vous ne m'en voudrez pas. "








Crampée sous sa veste de cuir, Sari ne bougeait plus. En voyant arriver Kazuki, elle s’était réfugiée dans un coin sombre de la rue afin de ne pas se faire remarquer
.
« Surtout ne pas regarder, ne pas regarder… » souffla t-elle.

Ce soir , elle était en manque ; c’était pire. Le rencontrer alors qu’elle n’était pas au mieux de sa forme, id est : non droguée, elle ne pouvait pas le supporter. Elle attendait patiemment qu’il rentre faire office à cette lutainpème, et qu’il disparaisse de sa vue ! Les effets indésirables, excisaient ses membres et son esprit.
Fixée sur un point pour passer la douleur ;elle en était arrivée à rechercher la source de tout cet imbroglio;

« Bon ce pauv’ type m’a rien fait, donc pas la peine de se ronger. Je me barre ,et c’est résolu ! »

Cependant, la créature qu’elle avait croisée, ramassait ses sentiments hésitants en les tournant vers le désir…amoureux. Elégant, il avait plu à ses yeux ainsi qu’à son âme ; la secrète émanation de sa personne l’avait conquise comme le vent au contact des fleurs .
Elle qui n’avait jamais aimé , patientait dans l’angoisse que ces sentiments finiraient par s’ estomper. A son grand malheur, ils ne faisaient qu’augmenter.

Elle n’avait aperçu la présence de l’homme que bien tardivement. Une seule est unique chose l’avait frappée :son parfum sentait l’Orient. A mi chemin entre la douceur des rayons du soleil couchant, et l’audace fragile du cerisier. Des notes de vanille, de thé blanc et de riz…, mais aussi la fragrance amandée d’un frangipanier en pleine floraison, et de bois d’encens…une ascèse hypnotique. Sans le regarder, elle l’avait déjà dessiné dans son esprit ; un être solaire, à la fois doux et fascinant.
Pusse t-elle se jeter sur ses lèvres à cet instant, elle ne voulait que ça.


Oubliant les algies de son corps, elle ne ressentait plus rien. Elle promenait son regard hébété, quand elle tomba à vingt centimètres du quidam.
Intérieurement elle hurlait « il m’a parlé ! il me regarde !! je fais quoi ?arg ! oui… !je sais !je sais….il veut du crack ! »
Elle se mit à emmètre des borborygmes, pour essayer d’arriver à placer le sujet « je ».

« ARRRG, je vais baver ! non,je vais vomir !! NON! pas sur son manteau, il est trop beau !!! arrrrg ! pas le manteauu

Mais Mer** ! qu’est ce qu’elle avait fichu ?! Il était là devant elle , l’enivrait, et tout ce qu’elle arrivait à dire c’était : « blgrlm » !
PITOYABLE !
Terrorisée, elle brandit une barrette de crack, achetée quelques heures avant. Et se cacha derrière.
Sa brillante initiative fit sourire Kazuki. A croire qu’il prenait Sari pour une dingue.


Une Barrette de crack…Mais oui ! telle était la solution ! Prise d’un élan de soulagement, elle se relâcha ; Les Retours d’effets qu’ils s’appelaient. Encore un sérieux délire dont elle se serait passée ! Son regard, son odeur, sa peau si douce, ses lèvres…Ils n’étaient que vésanie.
Vexée contre elle-même , elle inspecta Kazuki qui ne bougeait pas. Son corps lui jouait de ces tours…Elle s’approcha ; passait ses mains sur son manteau, sur sa peau, lui touchait les cheveux… « oh !de la soie… »pensa t-elle. Un léger soupir l’avait faite sursauter ; « les rêves respirent ?! »

Elle voulait pousser le vice jusqu'à cajoler son labre rosé, mais sa virginité l’en empêchait malgré elle. Même dans ses plus beaux fantasmes, elle n’avait jamais rien eu de charnel. Mais ce soir…le ciel lui était favorable! Toute contente de sa trouvaille, elle le tira par la manche , l’entrainant sur le chemin de son repère; pour une fois qu’elle pouvait jouir d’un songe ! Heureuse, elle poussa la chansonnette:

« Parmi les étoiles et les anges qui, qui nous ramènent au ciel »




















Hé oui ,mes myrmidons ! encore du vocabulaire !^o^





Id est : c'est-à-dire

Lutainpème : prostituée

Exciser : mutiler

Imbroglio :malentendu

Ascèse : entrée en religion, écriture, folie etc.

Algies : douleurs

Borborygmes : sons provenant de la gorge

Vésanie : folie d’ordre mental

Labre rosé :les lèvres

Chansonnette : choupy doux !

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Kazuki Umezawa

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MessageSujet: Re: Ce soir, le ciel... [PV Kazuki]   Mar 20 Avr - 22:07

es yeux couleur d'absinthe s'étaient agrandis lorsqu'il avait pris la parole. Un instant, il cru lui avoir fait peur ; elle le regardait fixement, les bras toujours refermés autour de son corps frêle. Comme elle semblait vulnérable ! Comme une enfant trop vite grandie, jetée dans cette ville aux multiples vices, et qui se laissait ronger peu à peu par la rouille de l'endroit. S'il existait un Dieu quelque part, il avait eu tort. Cette enfant-là, elle n'était pas faite pour vivre dans une telle époque. Et elle se laissait doucement aller à la décadence, se réfugiant avec toute la lâcheté de son jeune âge dans le giron accueillant des drogues et des narcotiques. En croisant son regard perdu, Kazuki eut envie de la protéger.
Comme effrayée, elle laissait entendre quelque marmonnement indistinct, cherchant ses mots sans parvenir à proférer le moindre son intelligible. Pourquoi semblait-elle si paniquée ? Il aurait voulu la rassurer, lui dire qu'elle ne risquait rien, mais, sans qu'il ne sache pourquoi, il craignait qu'elle ne s'évanouisse soudainement, telle un rêve, petit fragment de bonheur éphémère au milieu de la violence du monde dans lequel ils survivaient.

Ce fut elle la première qui brisa l'immobilité de l'instant. D'un geste fébrile, elle tendit devant elle un petit paquet que Kazuki identifia aussitôt comme la drogue responsable de son état actuel : sûrement l'avait-elle acheté peu de temps auparavant, et n'avait-elle pas encore eu le temps de se satisfaire. Le prenait-elle pour un acheteur, lui aussi ?

Il eut un sourire.

Non, ma belle, drogue et séduction ne font pas bon ménage, sais-tu ? Si lui-même était piégé dans un rêve, comment pouvait-il en vendre à ses clients ? Il voulu le lui dire, mais s'interrompit, tandis qu'elle-même avait ramené son butin vers elle, se ravisant soudainement. Avait-elle compris sans qu'il le lui dise ? Elle sembla soulagée de prime abord, puis une once d'agacement passa dans ses yeux verts. Elle le regarda, et Kazuki se figea, craignant qu'elle ne prenne peur à nouveau s'il faisait un seul geste. Elle était comme un animal sauvage et curieux, que la folie des hommes attire autant qu'elle effraie.

Elle se redressa, et il retint son souffle, s'abîmant à nouveau dans les yeux d'absinthe, reflets hypnotiques de l'âme troublée de leur propriétaire. Elle avait posé ses mains sur son torse, comme pour en éprouver la réalité ; eut-il su que c'était effectivement le cas, peut-être en eut-il joué, juste afin de prolonger davantage la bizarrerie de l'instant. Les mains diaphane remontèrent pour caresser son visage. Un battement de cils comme le battement des ailes d'un papillon. Elles frôlèrent ses cheveux, et un sourire effleura son visage fatigué. Elle semblait hésiter à nouveau, plus par pudeur que par crainte et, bien qu'il n'en compris la raison, Kazuki eut envie que la joie fugace qui se peignait sur les traits de la jeune fille ne s'arrête jamais. Il relâcha son souffle et elle eut un sursaut, comme si elle aussi s'était laissée prendre par l'aspect intemporel de leur rencontre.

Bercée par une euphorie dont elle seule connaissait la raison, elle s'enhardit à s'emparer de son bras, et Kazuki eut la fugitive impression d'être un voyageur imprudent suivant le charme dangereux de quelque feu-follet.

Elle chantait.

Ce soir... Ce soir, le ciel nous a choisit, pour une nouvelle vie,
Ce soir... Ce soir, le ciel nous a prédit l'éveil au Paradis,
Ce soir... Ce soir, le ciel...

Comme elle était belle, lorsqu'elle semblait heureuse ! S'emparant de sa main pour se laisser guider, Kazuki sut que cette nuit, il la suivrait, où qu'elle décide de l'emmener. Il serra dans sa main ses doigts frêles, craignant qu'elle ne s'échappe et, cherchant son regard, il voulu lui parler.

" Est-ce que tu vas me perdre ? "

Car les feux-follets cherchent toujours à perdre les voyageurs.

" Remarque, " continua-t-il. " Ça ne me dérange pas ; tant que tu te perds avec moi. "

Il s'était approché de son visage, tandis qu'ils marchaient toujours, détaillant sans pudeur ses traits d'enfant.

" En fait, " ajouta-t-il, pour lui-même. " Tu ressembles davantage à un machaon qu'à un feu-follet, je crois. "

Joignant le geste à la parole, il effleura de sa main libre les mèches de cheveux sombres qui s'échappaient de sa casquette, frôlant la peau froide de son visage. Il avait malgré lui ralentit l'allure, comme pour faciliter son inspection et, s'en étant rendu compte, il resserra sa prise sur la main de la jeune fille, craignant qu'elle ne croit à une réticence à la suivre. Parallèlement, il poussa son exploration jusqu'à toucher du bout des doigts ses lèvres rouges, loin d'être pourvu de la même pudeur qu'elle. Il avait envie de l'embrasser.

" J'ai envie de t'embrasser. "

En temps normal, il n'aurait probablement pas dit si vite ce qu'il pensait. Mais ce petit bout de femme à la fragilité émouvante incitait à la confidence et, de toute façon, il se doutait qu'elle-même devait en mourir d'envie. Après tout, n'était-ce pas là son métier ?

Ses doigts quittèrent à regret les lèvres pleines de la jeune fille pour rejoindre les siennes, comme un baiser indirect qu'il ne put s'empêcher de lui voler. Il eut envie d'être amoureux d'elle, juste pour une nuit. La retenant par la main pour qu'elle s'arrête avec lui, lui se plaça face à elle, encadrant son visage de ses mains, penchant le sien sur le côté dans cette attitude séduisante qu'il savait si bien adopter.

Ses lèvres se posèrent sur les siennes, légères, puis s'en séparèrent. Un battement d'ailes de papillon. Comme un goût sur ses lèvres, une amertume à peine devinée. Le baiser avait un parfum d'ivresse, de fruits et de nuits d'amour.

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