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 Six years ago: Eïko's Chronicle

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Eiko Serizawa

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MessageSujet: Six years ago: Eïko's Chronicle   Mer 10 Fév - 14:42




Je ne sais pas bien ce que je suis en train de faire. C'est peut-être cette pluie battante au dehors qui me rappelle des événements passés. C'est sûrement le chant de Jan dans le lointain qui me ramène si loin en arrière. C'est étrange pourtant, moi qui ai pour Leitmotiv "Va de l'avant, Va de l'avant.". Toujours foncer droit devant, de peur que l'on ne se décourage. En tout cas ce soir, personne n'est rassuré, sauf les enfants. Si la tour avait enduré le fameux typhon, alors une toute petite averse ne lui ferait rien. J'ai beau le dire aux enfants, j'ai du mal à y croire moi-même...

Je prends alors le temps d'écrire dans la lumière déclinante du coucher ; j'entreprends une œuvre tout à fait subjective et qui n'aura d'utilité que pour les êtres qui me connaissent. Car la vie d'une fille à Shibuya pendant ces dernières années peut sembler totalement inintéressante. Je ne peux promettre de tout raconter, juste ce dont je me souviens, mais je le ferais avec toute l'honnêteté possible.

Je ne sais quand je terminerais, je ne sais même pas si je terminerais. Je ne promets même pas que se sera dans un ordre chronologique, - juste des souvenirs. Mais je sais quand je vais commencer... C'était il y a six ans, quelques jours après la tempête.







Oui, il y a six ans. Je me retrouvais du haut de mes treize ans dans le hall de Shibuya 109. Comment étais-je arrivé là ? Eh bien je pourrais inventer quelque chose, mais je ne pourrais pas dire exactement. Je suppose que comme la plupart d'entre nous, j'ai dû croiser alors que j’errais un groupe de jeunes et que j'ai dû me joindre à eux.

J'étais donc affalée dans le hall, collée contre d'autres comme moi ; je ressassais ma vie perdue et je me sentais morte. La petite Eïko était morte. Morte avec ses parents dans cet immeuble. Alors qui était ce cadavre qui déambulait dans la ville ? D’ailleurs qui étaient tous ces zombies qui se regroupaient ici ? Je me morfondais depuis quelques heures déjà lorsque je l'entendis. Sa voix encore fluette comparé à celle qu'il a aujourd'hui. Son style bien moins provocateur me fit pourtant vriller le cœur quand je le regardais enfin et j'entendis.

"It' a new day, it's a new life..." Oui en fait c'était le plus approprié, cette chanson anglaise reprise et chantée par des dizaines d'artistes n'avait jamais trouvé un si bon endroit pour être chantée. Je finis avec lui d'un soupir "And I'm feeling good...". C'était étrange comme le thème de "Feeling good" repris par Jan me toucha. En fait, il ne toucha pas que moi. Un peu partout, je rencontrais le même regard empli d’un nouvel espoir que moi. Et c'était cet adolescent fluet qui nous l'avait donné. Je crois que c'est à ce moment-là que je me suis mise à l'aimer. Je me relevais donc et prit mon courage à deux mains. C'était ma nouvelle vie qui commençait et il était hors de question que je reste là, à ne rien faire.


Dernière édition par Eiko Serizawa le Ven 12 Fév - 18:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Six years ago: Eïko's Chronicle   Ven 12 Fév - 1:59




Ainsi ce nouveau souffle que j’avais découvert en moi me porterait un temps. Je ne me faisais pas d’illusion non plus, une impulsion comme celle là aller finir par s’épuiser. Donc je me devais de l’user jusqu'à la moelle avant de tomber des nues. Je me levais donc. Et cet air décidé que je prenais parfois était à présent fixé sur mon visage ; du moins c’est ce que me dit Kit-chan quelque temps plus tard.

« Faut se faire un endroit où dormir. On va pas encore passer une mauvaise nuit … »

Quelques regards se levèrent pour voir le petit bout de femme que j’étais alors prendre la direction de l’escalator central (qui ne fonctionnait déjà pas), et même quelques uns d’entre eux me suivirent. La petite Kit fut la première à m’aider quand elle comprit enfin que je faisais de la place dans la salle qui serait plus tard celle de « l’arbre du pendu ». Non, ce n’est pas moi qui la première pensa au coussin qui aujourd’hui encore parsèment le sol. Non ce n’est pas moi non plus qui eut la force d’enlever l’ombrière qui cachait le grand ciel de Tokyo et qui nous révèle chaque soir un paysage différent. En tout cas se soir là, même ceux qui n’avaient pas aidé vinrent dormir auprès de nous. Ce fut notre premier pas dans cette nouvelle vie. Ce fameux soir, réunis dans cette pièce quelque uns se mirent à chanter en un bœuf transcendant. Ils transmettaient la flamme à ceux qui ne l’avaient pas encore reçue, et le fait que peu d’entre nous aient mangé quelque chose passa inaperçu.

Ce petit détail pris des proportions draconiennes le lendemain matin quand les plus jeunes - je ne sais pourquoi - sont venus tout naturellement me réclamer à manger. L’un d'eux m’avait dit que vu que je leur avais trouvé un lit, je pourrais sûrement leur trouver a manger. Ce futur membre des Grey Wolfs m’avait assigné d'ors et déjà la fonction de nouvelle maman. Ce fut donc avec peine que je réussis à monter un commando pour aller chercher de la nourriture pour les petits. Dans la chambre froide d’une cafétéria, nous trouvâmes le nécessaire afin de sustenter non seulement les petits, mais aussi tout les autres - bien que, je l’avoue aujourd’hui (chose qu’on a refusé de leur dire a l’époque), les plus vieux mangèrent beaucoup moins que les petits. J’étais d’ailleurs très étonnée à l’époque de voir à quel point on pouvait se serrer les coudes. Mais la question de la nourriture se reposa bientôt. D’autres commandos partirent alors en quête de ressources à l’intérieur de Shibuya. Moi je ne le pouvais plus, les petits étaient dorénavant sous ma charge.

D’autres questions domestiques de ce genre se posèrent. L’eau potable : d’abord on vidait les stocks de bouteilles, puis on a dû se rabattre sur l’eau du toit. Ce qui provoqua une épouvantable épidémie de gastro… J’ai pris du temps avant de savoir comment faire pour soigner ça. Et ensuite, à chaque petit problème de santé, tout le monde débarquait pour me demander comment les soigner. C’est à cette époque là que je me mis à écumer les livres de tisanes afin de pouvoir m’occuper de tout le monde. L’électricité : problème pas vraiment résolu ; des garçons ont installé une espèce de centrale photovoltaïque quelque part sur les toits, mais elle n’alimente que la salle de l’arbre du pendu et une partie des alcôves (pas la mienne d’ailleurs). Ce problème, on cherche toujours quelqu'un pour ne le régler, je sais qui. Il paraît qu'il y a une espèce de générateur, ou un truc du genre, dans les sous-sols. Mais vous savez bien, on ne fait pas confiance au gens du dehors.



Dès le début, je me mis en place une règle d’honneur : l’hygiène. Je faisais donc bouillir de l’eau en grande quantité puis prenais un temps au moins une fois tout les trois jours pour laver mes bambins. J’étais consciente que ce n’était peut-être pas suffisant, mais on ne pouvait faire autrement. Et surtout il ne faillait pas gaspiller l’eau.

En bref la vie s’organisait peu à peu, et tant que ce souffle d’espoir nous portait, rien ne pouvait nous empêcher d’avancer.
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MessageSujet: Re: Six years ago: Eïko's Chronicle   Sam 13 Fév - 0:12

Chapitre 3 : De La perte de l’espoir et du goût fade de l’existence



Ce que je craignais finit par arriver. Le souffle d’espoir qui nous avait soutenu pendant presque un an s’épuisait peu a peu. Ce découragement était peut-être dû au fait que chacun d’entre nous - hormis les plus jeunes - doive se démener afin de survivre. De plus, le confort restait précaire. Je ressentais ce besoin profond de changement. Ma vie s’inscrivait dans une morne monotonie et le peu de temps que je passais avec Jan, je n’arrivais pas à lui parler. Pendant encore longtemps je n’en aurais pas la force, et ce n’est qu’à l’arrivée d’Espoir que j’eus une véritable conversation avec lui. Mais il est encore trop tôt pour vous parler de ça.

J’étais donc épuisée, et pour ne pas arranger les choses mon amie Kitsune, encore brune à cette époque, partait elle aussi en vrille. Je l’avais surprise dans la «Maison de Pain d’épice » (en fait il s’agit du garde-manger, ce nom a été donné par les plus jeunes) en train d’avaler des cachets bizarres. S’en est suivi une lutte de quelques mois entre elle et moi afin qu’elle arrêta la drogue. Cela je ne vous le raconterais pas, le seule qui pourrait, ce serait elle. En tout cas, cette histoire joua aussi sur mon moral, me rendant affreusement nostalgique du temps où je pouvais me fier à ma mère et où elle s’occupait de tout. Maintenant, ce rôle me revenait.

Je me rappelle de cette anecdote d’une petite qui est venue pleurer dans mes bras. « Je suis malade, je vais mourir ». C’est la première fois que je dus transmettre à une autre le secret de la vie, de la naissance et de l’amour. Je crois ne pas m’en être trop mal sortie. Mais ce genre d’expériences reste quelque chose de toujours très compliqué même quand ; comme moi on doit y faire face assez souvent.

Quelque chose vint me donner un peu d’espoir cependant : deux plus vieux que moi c’étaient mis ensemble après la tempête, et presque un an après le jour J, me voilà promise à un nouveau poste pour lequel je n’étais absolument pas préparée : Sage Femme. La jeune fille avait tout naturellement pensé a moi, d’ailleurs même aujourd’hui je continue de m’occuper de sa magnifique petite fille. Mais j’avoue que mon premier accouchement fut quelque chose de particulièrement captivant et traumatisant. Je doute avoir envie un jour d’avoir aussi mal ; et puis, j’ai déjà tellement d’enfants. Quoi que pour Jan…

Après cette histoire, je continuais à déprimer. Ma vie me semblait si triste. Je continuais à ressasser mon passé, et chaque jour j’en étais un peu plus morne. J’en parlais alors à Kit sur un moment où j’éprouvai le besoin de me confier. « Ton problème, me dit elle, c’est que tu ne fais que ça. C’est bien de t’occuper de la marmaille mais 'faut aussi que tu fasses autre chose. Viens chasser avec moi ». Je déclinai son invitation. Mais ce qu’elle m’avait dit me travaillait. Mais que pouvais-je faire ? Les tisanes, les onguents, on n’en avait jamais suffisamment. Il m’avait fallu deux bon mois pour me décider - difficile de se séparer de sa couvée - mais je m’étais finalement installée dans mon alcôve, que j’occupe encore aujourd’hui. Et je me mis presque immédiatement à fabriquer mes remèdes. Le matin et une bonne partie de l’après-midi, je m’occupais des enfants, et ensuite on me relayait, et soit je m’enfermais dans mon alcôve, soit j’allais chercher des ingrédients. Ce n’est que bien plus tard que je pus allez en ville vendre mes produit à la sauvette.

Je me sentais un peu mieux mais il me manquait toujours cette chose, qui me permettrait de me dire que oui, j’avais changé, et que oui, j’avais l’étoffe nécessaire pour porter le poids de mes pairs et de leurs progénitures. Une sorte de rite de passage vers l’âge adulte. J’avais besoin que ma mère me la dise cette phrase : « Tu es une grande fille maintenant. » Mais elle n’était plus… Alors je me retrouvais seule. Je me sentais fragile et perdue, alors je me cherchais mon propre rite. Lors d’une de mes cueillettes, je croisai ce garçon. Il était entièrement couvert de tatouages et il me dit cette phrase quand je l’interrogai sur le sujet. « J’ai des tatouages pour tout, celui là pour me rappeler de ceux que j’ai perdu, celui-ci pour ne pas oublier qu’aujourd’hui je suis un homme, et les autres ont tous ce genre de signification aussi » Cela me travailla. Puis je me décidais, et il me tatoua. Des roses et des ronces sur les deux bras, du bout de l’épaule jusqu'à la base des doigts. Voilà, c’était mon rite de passage. Voilà, à présent, j’étais une femme. Non, plus que ça : j’étais « Mother ». Pourquoi des roses et des ronces ? Les valeurs que je voulais avoir. Les ronces : la force de cette plante à être, à vivre, à croître malgré toutes les épreuves de la vie. Des roses : La beauté intérieure et extérieure d’une femme, d’une vraie.

Je me sortis donc enfin de ma déprime ; j’avais déjà presque quinze ans.
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MessageSujet: Re: Six years ago: Eïko's Chronicle   Mar 16 Fév - 6:15

Chapitre 4 : De femme à mère.

J'étais donc devenu une femme, et plus que jamais, je faisais un maximum de choses pour les enfants, même s'il est vrai que malgré tout, je n'avais pas encore les réflexes de mère que j'ai aujourd'hui. Je n'étais encore qu'une femme tout juste adulte dans sa tête, petite qui avait du mal à s'affirmer. Même si de plus en plus, on avait tendance à tendre une oreille vers moi quand la situation devenait compliquée.

Je faisais de mon mieux, mais rien ne m'avait préparé à l'arrivée de mon fils. Rien ne m'avait préparé à voir ce jeune garçon courir vers moi dans le couloir: "Mother, Mother, viens avec moi vite, vite ..." Je le suivis bien intriguée, et surtout inquiète, vu l'expression de panique sur son visage. Un drame s'était-il produit ?

Je courrais à présent derrière lui, vers Ropponji m'a-t-on dit plus tard. Une vielle baraque à peine debout et des enfants devant ; des visages troublés. Personnes ne voulait entrer, ils ne faisaient que tendre des doigts peu assurés vers le lieu d'où s'élevaient des pleurs... des cris de bambin. Je passai le bâti sans porte et une odeur de vomi, de déjections et de sang m'assaillit. Je dû rebrousser chemin et rendit le peu que j'avais mangé ce jour là. Mais les cris s'amplifièrent... Mon cœur battait la chamade. Aujourd'hui je repense à cet état et je me dit que oui, moi aussi j'ai enfanté dans la douleur. Un mal de crâne me frappa de plein fouet la deuxième fois que je pénétrais dans cet encensoir de mort et je ne sais plus comment je trouvais le tableau. Je dit "tableau" car c'était digne d'un chef d'œuvre du gore. Une femme nue, pâle, morte reposait dans des draps ensanglantée, elle tenait en ses bras un petit paquet sale d'où provenaient ces braillements perçants. Mon souffle se fit court et je dû m'arrêter un instant, abasourdie. Comment était-elle morte ? Aujourd'hui, je pense que c'est par ignorance... Elle n'avait pas enlevé le placenta et cela s'était infecté, puis elle avait fait une hémorragie interne et avait succombé. Le petit devait avoir un ou deux jour je pense quand je l'ai trouvé.

Je pris le poupon et sortie le plus vite possible de ce satané endroit. Dire que c'était mon anniversaire. Était-il mon cadeau ? Cette idée m'écœure encore aujourd'hui, sa mère avait dû tellement souffrir... En tout cas, la petite chose fripée que je tenais dans mes bras avait faim, était sale et pleurait de tout son être. Je trempais un bout de chiffon dans de l'eau et lui donnais à sucer ; cela ne le calma qu'un instant. Je savais que nous n'avions pas de lait maternisé dans la tour. J'avais aidé Kit-chan à faire l'inventaire. Que fallait-il que je fasse?

J'ai fait peut-être la plus grosse bêtise de ma vie. Mais encore aujourd'hui je ne regrette rien. De toute façon une mère vierge, ce serait bizarre non? J'ai donner mon corps à ce médecin, et en échange, il me donna une grande quantité de lait maternisé, de biberons et même d'autres petites choses pour le bébé. Je ne vous raconterais pas, sachez juste que ce fût un enfer et que je n'aurais probablement plus la force de le faire aujourd'hui. Je ne procéderais plus à cet acte que par amour désormais et encore je ne sais si je pourrais... Pour Jan... Je ferais un effort, je crois... Bref...

Bien sûr cet idiot s'en venta, alors Jan me tomba dessus et je prit la plus grande engueulade de ma vie, je crois. Et quand il eut fini, il me prit dans ses bras, et puis s'en alla. jJe n'ai jamais été aussi troublée, je crois. Mais peut-être est-ce un mal pour un bien car grâce à cela sont nés les Grey Wolfs. Un petit groupe mené par Jan et par Kit qui chassèrent ce médecin de la ville. Je ne peux pas vous raconter, je n'y étais pas. Je n'étais pas encore une louve...

En tout cas, voilà comment Espoir devint mon fils.
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MessageSujet: Re: Six years ago: Eïko's Chronicle   Jeu 18 Fév - 6:25

Chapitre 5: De la "danse des fleurs de cerisiers"...

La "danse des fleurs de cerisiers"... Au moment même où elles tombent de l'arbre et où elles affrontent le véritable visage de notre monde... Cela fait longtemps que je n'ai pas eu le plaisir de voir des cerisiers en fleurs. Il n'y en a pas à Shibuya, bien que certains d'entre eux aient sûrement dû survivre quelque part dans Tokyo. Cette danse est la même que celle que décrit ma machette quand je m'entraine, quand je tourbillonne sur moi-même et que je sens l'air venir se souder à moi. Je sais que de loin, c'est censé être beau, mais je ne sais si ma pâle copie de la vrai danse arrive seulement à faire passer un peu d'émotion.

Je me rappelle de Ryuku dansant en cet après-midi près de la Lagune des Sirènes. Je cherchais alors des herbes. Même aujourd'hui, quand je repense à ce moment, j'ai ce petit pincement au cœur qui me fait avoir quelques regrets... Ryuku ? Celui qui m'a tatoué, je vois que j'ai commis l'impair de ne pas vous le présenter. Eh bien il était tatoué de toutes parts, et quand il dansait torse nu près de l'étang avec sa machette, on arrivait presque à voir le ballet des fleurs de cerisiers qui flottaient inéluctablement vers le sol. Des gestes très aériens se rapprochaient peu à peu du sol avant de reprendre leur essor. Et moi je restais là, bouche bée, à le regarder. Il finit par me remarquer. Il me lança un sourire puis nous entamâmes une conversion dont je n'ai pas vraiment le souvenir. On a parlé de la nécessite pour moi de savoir me défendre et du fait que cela pourrait m'aider à me détendre - et en plus soutiendrait ma forme. Avec quelques bons arguments, il me donna rendez-vous le lendemain au même endroit, à la même heure. Il allait m'enseigner l'art de la machette.

Le lendemain, me voilà arrivée un peu en retard au lieu dit. Il m'attendait avec deux morceaux de bois dans les mains, le torse nu, exhibant ses tatouages dignes des pires Yakuzas ; Pourtant il n'avait aucun rapport avec ce genre d'individus... Mon premier cours fut une véritable révélation : non seulement je m'étais amusée, mais en plus je semblais avoir un certain don. Il ne m'avait pourtant appris que quelques coups tout simples. Et le lendemain, il m'en appris les parades. Dès lors, je n'avais qu'un désir : "la Danse des Fleurs de Cerisiers". Mais il ne me l'enseigna pas toute de suite. Les jours s'écoulèrent, puis les mois. Je partageais ma vie entre toutes mes tâches, mais j'arrivais tous les jours à me libérer pour allez le retrouver, et alors nous nous entrainions, sans un instant de répit. Apparemment j'étais devenue une partenaire d'un niveau agréable. Il avait la fâcheuse manie de vouloir que je l'appelle Ryuku-dono [réservé au seigneur], ce que je ne faisais que quand je lui demandais de m'apprendre la danse.
Un jour, il céda enfin.

"Quand tu sauras la faire, je te dirais un secret...". Toute émerveillée que j'étais devant cette phrase énigmatique, il me fallut encore un bon mois et demi avant d'arriver à danser. Je visualisais comme il me l'avait dit une fleur qui tombe, et je descendais le long de cette chute pointant avec ma lame dans cette étrange trajectoire. De-ci, de-là ; un temps par ici et un temps par là. Cela semblait totalement arbitraire mais fait par le garçon c'était si beau. Moi je n'arrive encore aujourd'hui qu'à un pâle reflet de la véritable danse. Ne l'ayant pas oublié après avoir fait une remarquable danse - du moins une moins mauvaise que d'habitude - je lui demandais de me révéler ce fameux secret. Je m'attendais à tout - proverbe étrange, astuce pour la danse, d'autre chose dans ce genre là - mais pas à ça...

"Ai shiteru ", il m'avait enlacé, j'avais juste eu le temps de laisser échapper un petit cri d'animal surpris, avant que ses lèvres ne viennent toucher les miennes, je ne mentirais pas. Pendant ce court instant, j'oubliai Jan et je répondis à ce baiser... mon premier. Je ne décrirais pas le nombre d'émotions contradictoires qui me passèrent par la tête. Ni le nombre de sensations, ce serais peine perdue. Ce qui en résultait, c'est que je m'enfuis en lançant un "Désolée, j'aime Jan....", et que je quittais les lieux en pleurant. Il ne me semblais pas alors être la femme forte que j'avais crus être ; aujourd'hui je ne regrette pas cet acte malgré tous ce que nous aurions pu vivre ensemble. Seul Jan avait cette place dans mon cœur et il n'avait pas eu, comme je l'avais rêvé, mon premier baiser.

Quelque jours plus tard, alors que j'avais été trop lâche pour remonter sur le toit, je découvris un paquet m'attendant sur mon lit, sans mot. Je l'ouvris et y découvris une machette. Double fonction : Il me l'offrait car je n'en avait pas et qu'il voulait que je continue malgré tout, et il coupait le lien qui nous avait pendant un court instant uni...
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MessageSujet: Re: Six years ago: Eïko's Chronicle   

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