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 Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]

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Shäan Elwë

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MessageSujet: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Mer 31 Mar - 8:31

Sourire une journée entière, c'est dur. Sourire quand on ne sait pas sourire, c'est très dur. Sourire quand on n'aime pas sourire aussi c'est dur. Alors, vous imaginez passer une journée à sourire quand on ne sait pas et qu'on n'aime pas à des gens qu'on ne connaît pas ? Sourire aussi longtemps, cela vous refile une vilaine crampe. Même avec toute la volonté du monde, c'est impossible. Alors, quand on n'a même pas cette volonté, on ne fait pas long feu. Pourquoi je vous raconte cela ? Simplement parce que Shäan avait passé une magnifique journée ensoleillée avec les oiseaux qui chantent et les fleurs aux milles couleurs dans un café. Elle était serveuse. Elle travaillait. Mais n'aillez pas pitié. Le beau temps, Shäan, elle déteste cela. Cela l'exaspère plus qu'autres choses. Bon, vous allez aussi me dire que des jolies fleurs partout et les oiseaux qui chantent, ici, faut longtemps les chercher. Faut ouvrir les yeux aussi, mais cela, peu accepte. Mais bref, revenons à nos moutons.

Shäan, notre belle et douce Shäan avait donc passé une journée à travailler. Elle avait passé une tenue aux couleurs pâles et avait pris commande, donné commande, donné addition, sourit, s'excuser, pirouetté, sourit, soupiré... Euh bon, je vais le faire correctement. Une journée de travail au complet commencé tôt. À peine huit heure et déjà habillé et prête. Il faut amener les clients jusqu'à une table libre, leur donner un sourire et un menu et attendre. Avec le sourire. Puis replacer d'autres personnes, prendre des commandes, donner un café à la table cinq, un thé à la table sept... Je ne vous l'ai peut-être pas dit, mais... Shäan travaillé dans un café plutôt aisé. Pas trop non plus, mais assez pour avoir une devanture correcte, des tables et des chaises non bancales et des produits de bonne qualité. Donc, sa matinée se terminait à une pause a 14h05 pour qu'elle puisse prendre un petit quelque chose et reprenait à 14h35. Une demi-heure de pause. Tout juste. Ne dites pas que c'est peu. Elles étaient deux serveuses, un serveur et un patron. Pas beaucoup de personnel alors les pauses étaient courtes et le travail long. La paie n'était pas magnifique, mais elle gagnait surement mieux sa vie ici qu'à quelques rues. Et puis elle avait la confiance du patron depuis, et elle bossait là depuis plus d'un an. Où en étais-je ? La pause ? Bien, après, elle reprenait le service jusque 17h. Une pause d'un quart d'heure et elle reprenait jusque 22h. Enfin, c'était une journée complète. En général le serveur, étant un homme, travaillait à partir de 20h jusque minuit, fermeture du café. Mais cela ne concernait pas Shäan. Elle, elle souriait.

Et comme je l'ai assez bien dit juste avant, c'était une journée complète. Hors ce jour-là, elle avait eu une semie journée. Levée huit heure pour arriver à neuf heure et demie et fin du travail à seize heure. Sa collègue partagé avec elle. Shäan avait donc fait quelques courses jusque dix-sept heure passé et était revenue au refuge. Tellement longtemps qu'elle était là. Comme beaucoup d'autres. Ses pas l'avait guidé tout en haut de la tour. Elle avait croisé du monde, mais son air décidé avait dû en dissuader plus d'un. Elle avait encore dans sa main droite son sac de course et ses cheveux noirs flotté autour d'elle. Le vent était peu fort, mais à cette hauteur, un rien fait tout tourbillonner.

Ah, je ne vous ai pas dit ? Shäan venait d'atteindre le toit. Un petit coin de verdure. C'était assez dangereux, mais c'était calme. Pour le moins, peu venait ici. La serveuse s'approcha du lac, pas trop non plus. Elle venait souvent ici, en fait. Mais cela faisait bien un mois qu'elle n'était pas venue, pour changer. Finalement, c'était peine perdue, elle y était toujours attirée. Respirant profondément, la jeune femme repartit de l'autre côté, elle atteint vite le bord du toit et regarda l'horizon. Peut être que... Qu'il y a sept ou huit ans, la vue était belle. Même très belle. Aujourd'hui, elle ne voyait pas grand-chose de jolie. Si quelque chose pouvait être jolie pour Shäan. Elle pouvait voir d'où elle était des vastes plaines dévastés et des parties semi restaurés. Un peu chaotique, comme vision. La jeune femme soupira. Elle laissa glisser au sol son sac de provisions et ouvrit les bras. Elle laissa glisser le vent sur peau, couvrir son visage, emmêler ses cheveux, soulever sa jupe. Elle respira profondément. Puis elle fit quelques pas en arrière, ouvrit les yeux et baissa ses bras. Elle devait avoir l'air bête à se prendre pour un oiseau.

Elle soupira de nouveau. Evidement. Elle était d'une naïveté. Ellie, car c'était son vrai prénom, s'assit alors sur le sol et profita encore de la vue. Le vent couvrait les bruits alentour et la berçait. C'était comme si une mère vous prenez dans ses bras et vous murmurez des mots que vous ne comprenez pas, mais qui vous apaise. Ellie ne ferma pas les yeux. Elle regarda droit devant elle. Elle vida sa tête et doucement, posa ses mains froides sur ses joues. Elle avait mal. Elle s'obligea à se masser. Il parait que cela apaisait. Il parait.

[S'il y a un problème, j'édite =DCorrigé !]


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Eiko Serizawa

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Jeu 1 Avr - 21:02

[Salle de l'arbre du pendu, 8h à 10h]

Eiko regardait l'orbe du jour se déplaçait dans l'azur de tokyo. Son coeur lourd d'une certaine nostalgie, s'était comme à son habitude réfugier en un songe. Un phantasme, qu'elle vivait presque, mettant en scène son acteur favori : Jan. Elle du s'arracher à sa contemplation du néant se rappelant les différentes taches qui l'attendaient ce jour. Arrivait dans la salle de l'arbre du pendu, déjà une ribambelle de gamin surexcités, bondissaient un peu partout en faisant un tapage diurne, totalement insupportable même pour quelqu'un qui ne serait pas migraineux. Deux charmantes demoiselles, regardaient d'un air dépitées le spectacle qui se déroulait ainsi devant elles, sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Eïko prit une inspiration et siffla. Immédiatement un silence s'installa, les gamins partirent chacun sur leurs coussins et regardèrent d'un air perplexe l'expression sévère de leur "mother". Un sourire satisfait fleurit sur le visage de cette dernière, la tension disparut et les gosses reprirent leur conversation mais cette fois ils restèrent étrangement assis et ne firent plus tant de bruit. Ce jour était l'un de ceux que les enfants détestaient par-dessus tout, comme tous les trois jours, c'était le jour du bain, et les grandes cuves placées dans des salles annexes n'étaient pas pour plaire à toutes ses fortes personnalités. Cependant les lieutenants de Eïko firent bien leur boulot, séparant les filles des garçons, l'opération prit tous de même quelques heures. Et l'oeil de leur chère dictatrice n'avait laissé place à aucun écart. Dès le bain terminé ils filaient tous se salir de nouveau prétextant d'aller fouiller les décombres, ce qui signifier à leur insouciant âge : aller jouer au bateau pirate en espérant tomber par hasard sur quelque chose d'intéressant. Il n'y avait pas de doute Eï-chan ne regretter en rien sa vocation.

[Alcôve de Eï-chan, 10h à 16h]

Retour à l'alcôve, sa petite chambre à la fresque murale étrange faite de roses et de ronce comme ses tatouages aux bras. Et une idée en tête, essayer de produire un nouveau cosmétique, elle avait récupéré des fonds de boites de produits de beauté, ayant repérait qu'un certains nombres des ingrédients étaient des végétaux, elle s'était donc mit en tête d'en fabriquer elle même. Ce n'était pas dans un dessin futile, car il est un besoin pour une femme de se sentir bien dans sa peau, même dans le Tokyo actuel. Ce genre de produit se vendrait bien, elle en était convaincus. Tentant d'abord de faire une crème de nuit, elle se frotta à un problème majeur, la plupart des fruits et végétaux inscrits sur le dos des boîtes était importés d'autre pays... Si seulement cela pouvait encore ce faire... Non, elle devrait se débrouiller avec les produits du coin de toute façon, elle n'avait pas le choix. Elle commença donc, une mixture verdâtre au relent affreux, fut le premier résultat. Elle fronça les narines et jeta le contenu dans le bac prévu à cet effet. Le temps passé, vers midi une petite faim, seulement à midi on ne mange pas à la tour. Donc elle continua. Les essais et les expériences se poursuivirent, finalement avec un mélange d'aloès et de camomille, elle arriva à quelque chose de potable. Toute fière elle regarda l'heure sur une petite montre à gousset qui marchait par, je ne sais quel miracle de mécanique d'un siècle révolus. Déjà 15h 30 et Eïko voulait faire quelque chose avant de devoir retourner à son devoir de mère. Elle fouilla donc dans sa malle à la recherche de quelque chose à se mettre. Elle prit donc son mini-short habituel et un haut jaune pâle ou alors délavée on ne savait plus bien, il avait cependant l'avantage de mettre ses bras et donc ses tatouages en valeur. Elle se contenta d'un soutien-gorge de sport un peu vieux, ce serait mieux pour ce qu'elle voulait faire, même si cela lui faisait une poitrine assez petite. Non, carrément petite... Elle enfila donc le tout et sa paire de basquet usée après une douche sommaire dans une autre alcôve prévue à cet effet. Et se dirigea vers le toit...

[Enfin le toit, 16h ]

La lagune des sirènes, ou le lieu le plus sûr de Shibuya, là où en cas de soucis ils mettaient les plus jeunes à l’abri. Là où elle avait l'habitude de s'entraînait avec Ryuku. Là où dans des conditions d'hygiène absolument parfaite elle s'était faite tatouer. Ryuku... Elle attrapa donc sa machette et commença à s'échauffer. Le temps cessa soudain d'exister et plus que le souffle étrange portant les fleur de cerisiers sur le bout de sa lame ne contait... Doucement dans un monde léthargique, elle danser, vite dans la réalité, elle se balançait. Tout cela grâce à Ryu-chan... Finalement plutôt que sa concentration, c'est sa nostalgie qui prit le dessus, et surtout cette image troublante de Ryu l'enlaçant. *Jan* Tout ce qu'elle voulait garder résidaient en ces trois lettres le reste ne contait pas... C'est ainsi que le temps repris sa route et Eï-chan assise à présent sur un morceau de mur ne pensait à rien. J'entends par là qu'elle fantasmer encore sur son prince, bien entendus... Puis un petit bout de femme sortie de nulle part, elle ne l'avait sûrement pas vu car elle avait traversé et s'était mise à contempler l'horizon. Ce triste horizon qui s'étendait de là à on ne sait où, mais qui sembler avoir un leit motive magnifique : la désillusion. Car s'était cela Tokyo, une ville qui a loupé le rendez-vous avec la fin... Elle ouvrit les bras comme pour prendre son envol et Eï eut peur qu'elle saute, mais au bout d'un moment elle les ramena à elle. Eîko hésita et puis finalement se décida. Elle ne connaissait pas la jeune fille, mais avait des soupçons sur un nom que certains jeune homme ne prononçait pas mal ces temps-ci : Shäan. En effet, la personne transportée avec elle un certain désespoir latent, qui avait un côté très attirant vu sous un certain angle. Et puis il semblait à Eï l'avoir vu serveuse dans un bar, elle s'en rappeler car elle avait un très joli sourire... Sourire au dehors et tristesse à Shibuya... Oui, les soupçons de EÏ étaient probablement fondés. Elle était mignonne pour le peu qu'elle en voyait, elle comprenait donc l'attrait qu'avaient ces jeunes homme donc...

"Lut... Magnifique paysage non ?"

Eï lui avait adressé cette parole quelque peu ironique, uniquement après s'être approchée et accoudé à la balustrade de béton, elle avait plongé son regard dans le chaos du dessous et affichait son plus beau sourire...

[En espérant qu’il reste pas trop de fautes !]
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Shäan Elwë

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 2 Avr - 4:59

[Aucun problème, j'ai remarqué en relisant tout que j'avais laissé trainer pas mal de fautes de frappes xD Corrigé !]

Shäan leva doucement son regard corbeau sur la jeune femme qui venait de s'accouder près d'elle. Une chevelure aussi noir que la sienne, deux yeux marrons, de petite taille, fine, peu de poitrine. Ah, enfin, Shäan la reconnut. Eïko, la gentille jeune femme qui s'occupait non stop des enfants. Elle n'avait qu'un an de plus que Shäan. Pourtant, depuis le premier jour où elle avait conscience de ce qui l'entourait, Shäan l'avait toujours vu s'occuper des autres. Elle ne savait pas très bien pourquoi. C'était déjà assez dure de s'occuper de soi-même. Bref, Eïko était une de ces jeunes personnes que Shäan ne comprenait pas, n'essayait pas de comprendre et ne comprendrait surement jamais. Mais je vous rassure, elle s'en fiche. Après tout, ce n'est pas sa vie, elle fait ce qu'elle veut, non ?

La jeune serveuse baissa la tête. Ironique, hein ? Pour un paysage, s'en était un. C'était assez surprenant pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude. On ne s'attend pas vraiment à rencontrer un vide interstellaire. Shäan avait l'habitude. Elle aimait bien cet endroit, si bien sûr, elle pouvait aimer. Dis-ont qu'elle supportait plus cet endroit qu'un autre. Il n'y avait personne, le vent brisait tout, le silence n'était pas remis en question et les bambins ne venaient jamais ici. Interdiction, peur, danger... Et puis, il y avait tellement d'autres choses à faire ! Les jeux entre gamins, les ruines qui n'étaient pas des points insaisissables dans l'horizon, mais tout à fait palpable. Donc, ce n'était pas tout à fait un endroit pour les enfants. Pas du tout même. Enfin, parfois il y avait des sortis ici. En cas de danger. Mais cela n'arrivait jamais. Qui voudrait du mal à une bande de gamins insupportables et surtout, qui n'avaient rien. Personne. Enfin, cela ne viendrait surement pas à l'esprit de Shäan.

Finalement, sa voix se fit entendre. Elle repondit enfin à Eïko. Une voix froide, légèrement arrogante. On ne refait pas la miss !

"J'espère que l'architecte à bien été payé."

Non, Shäan ne pratiquait pas l'humour. En fait, elle ne pensait pas cela non plus. Elle était amer. Tout simplement. Elle haïssait ce qui avait déclenché cette catastrophe. Même si bien sûr, c'était assez abstrait. Que voulez-vous. Donc, elle avait elle aussi repondue assez ironiquement, même si son ton était bien plus amer. Ah, elle reposa son regard sur l'étendue devant elle. C'était assez chaotique. C'était monstrueux. Cela ne lui faisait strictement rien. Pas de tristesse, pas de joie, pas de colère, pas d'aversion. Elle ressentait un grand vide. Comme ce qu'elle voyait en ce même moment.

Ellie n'avait pas envie de parler avec Eïko. Ellie n'aimait personne. Ellie n'avait rien contre Eïko. Shäan voulait le silence. Elle voulait le calme. Elle voulait être seule. Elle voulait être elle-même. Elle voulait juste sentir le vent sur sa peau blanche. Shäan connaissait assez Eïko de rumeurs pour comprendre qu'il ne fallait pas s'attendre à la voir s'excuser et partir. Soit elle décidait de lui parler pour comprendre pourquoi Shäan était ainsi, soit elle partirait car elle comprenait surement qu'elle voulait rester seule. Mais, Eïko avait-elle une idée de qui elle était ? C'est vrai, tout le monde la connaissait elle, mais Shäan ? Elle était discrète, était toujours au boulot ou dans son petit abris à elle... Elle se mélangeait que très peu avec les autres. À part au détour d'un couloir, personne ne la voyait.

"Je m'apelle Shäan, Shäan Elwë."

La politesse exigeait de se presenter, non ?


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Eiko Serizawa

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 2 Avr - 18:59

[Normalement il reste pas trops de fautes... enfin j'espère..]

"J'espère que l'architecte à bien été payé."

Elle avait prononcé la phrase avec un petit quelque chose d'arrogant et de cassant. Une façon d'annoncer d'entré de jeu : "Eh, dégage ta présence me dérange!". Cependant, c'était mal connaître Eï-chan que de l'attaquer immédiatement ainsi, car étrangement ce genre d'attitude titiller sa curiosité. Pourquoi tant d'amertume dans sa voix ? Pourquoi un tel regard ? Pourquoi une telle affirmation ? L'architecte ? Était-ce un reproche au destin ? Certes, la vie était devenus ainsi, mais comme toujours Eïko refusait de se laisser gagner par le pessimiste. La jeune fille avait quelque chose de cette petite droguée qu'elle avait rencontré, il y a peu, et pour cette fois Eï avait le droit de s'occuper de la contemplatrice du néant car elle faisait partie de ses enfants. Contrairement à la jeune camée. Une pointe de regrets peut être... Mais bon il était impolie de ne pas répondre...

"Autant qu'on puisse le dire, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un architecte, plutôt un fada de l'art abstrait, non ?"


La réponse était là juste pour la forme car Mother savait qu'elle n'avait guère d'importance pour son interlocutrice. Elles contemplèrent alors ensemble les ruines de Shibuya 2 : le bateau pirate. Et Eï eut un pincement au coeur en voyant ses bambins tout propres se salir de nouveau, bien que de là où ils étaient, on ne voyait pas plus que des fourmis. Une certaine nostalgie, viens caresser le coeur de la jeune demoiselle quand de ce paysage chaotique, elle retira celui de son enfance, et son coeur émerveillé, battait la chamade quand son père la tenant par les hanches la soulevait pour qu'elle puisse regarder la ville de Tokyo dans toutes son immensité. Ses souvenirs allaient encore bon train quand la voix de sa compagne brisa le silence.

"Je m'appelle Shäan, Shäan Elwë."

Un petit sourire de triomphe, apparu dans les yeux de Mother, elle avait raison depuis le début. Peut-être que parlait un peu avec elle permettrait à la jeune fille, apparemment mal dans sa peau, d'aller un peu mieux. Elle savait que ce n'était pas vraiment son rôle de s'occuper des personnes de son âge, mais l’instinct maternel à parfois de drôle de façon de nous abuser. Eï se rappelle toujours de ses sentiments ressentie lors de sa seconde rencontre avec la Junkie. Décidément, elle était du genre à ramasser tous les animaux blessés… Elle réfléchis quelque instant avant de répondre, elle était presque sûr de se faire jeter si elle répondait de façon anodine. Eïko avait l'habitude des jeunes femmes en crise et savait qu'il valait mieux même de façon détourner affirmer tout de suite ses intentions, car les discussions sans intérêt avaient tendance à les mettre en rogne. Ainsi donc c'est avec soin qu'elle prépara sa réponse. Elle savait que malgré son expérience, personne ne réagissait jamais de la même façon alors elle se lança :

"Je sais, moi c'est "Mother", je m'occupe des gens de la tour, tu dois me connaître de nom, je pense..."

"Mother", la mère, immédiatement par ce mot le ton était donné, elle ne voulait pas lui donner une leçon de morale, mais juste si possible qu'elle se confit, qu'elle dévide son coeur apparemment lourd et qu'elle prenne conscience que malgré tout, il y a des gens qui l'aiment, qu'elle n'était pas seul. EÏ savait qu'au fond d'elle-même la jeune fille ne voulait pas être seule car elle ne serait plus à la tour mais dans un trou quelconque du repère. Tant qu'elle restait ici, qu'elle le veuille ou non, elle faisait partie de la famille. Et Eï-chan prenait soin de sa famille…

"Certains de tes amis s'inquiètent pour toi..."

"Amis", peut-être s'agissait-il là d'un bien grand mot, mais bon... Un ou deux amoureux masochistes, une ou deux jeune fille en crise voilà ce qui considérait Shaän comme leur amie, et pourtant Eï savait pertinemment que la jeune fille près d'elle ne devait même pas se rappeler des visages de ces êtres qui malgré tout l'aimaient...

Pour la suite Eïko restait dans l'expectative les oreilles et le coeur bien ouvert. Il était fort possible que son amie tourne le dos et s'en aille, mais Eï savait qu'elle ne pourrait se retenir d'une quelconque remarque acerbe. Mais bien sûr, peut-on réellement prévoir la réaction d'une personne ?
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Shäan Elwë

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Jeu 8 Avr - 0:02

Ouais, tout à fait. Shäan ne voulait pas de madame Maman près d'elle. D'ailleurs, en y réfléchissant, si elle avait vraiment des sentiments prononcés, Shäan souhaiterait vraiment que ce ne soit pas Eïko devant elle. Toute autre personne assez intelligente l'aurait laissé seule, lui aurait peut-être craché rancune au visage, mais pas Eïko. C'était le genre de personne à vouloir au maximum te sauver. Mais, vous sauvez de quoi ? Quand le problème vient de nous-même, personne ne peut nous sauver, à part nous-même. C'est bien connu. Une personne extérieure ne peut faire disparaître les démons intérieurs des autres. Encore moins quand elle est aussi inconnue que cela, et passablement, la personne la moins qualifiée. Pour Shäan, hein ! Oui, en vérité, elle avait peut-être peur d'Eïko. Quand je parle de peur, je ne dis pas qu'elle est effrayée par Eïko même. Non, elle est effrayée par sa douceur, son envie de sauver, ses questions, son attention. Elle a juste peur que quelqu'un s'intéresse finalement à elle. Malgré tous ses efforts. Mais, Shäan n'acceptera jamais, je dis bien jamais, sa peur. Plutôt la ranger dans un tiroir et ne plus l'ouvrir. Plutôt jouer la comédie que d'accepter des sentiments aussi puissants. Oui.

"Oui. On ne peut pas rester ici sans vous connaître. Au moins de nom."

La jeune demoiselle fit abstraction du sourire de sa compagne. Elle était juste polie, qu'allait s'imaginer mother ? Si Shäan n'était pas Shäan, elle aurait prié qu'elle ne se fasse pas de fausses idées et qu'elle retourne d'où elle venait. Mais Shäan ne priait pas. C'était absurde, inutile et cela faisait pitié. Quand je parle de pitié, ce n'est pas par honte que Shäan ne priait pas. Non simplement que les autres la voyait alors comme une pauvre petite chose blessée et triste. Alors, on avait pitié d'elle. Hors, si une chose la mettait bien hors d'elle - façon de parler dans son cas- c'était bien la pitié. Sentiment de domination. Comme le disait je ne sais plus qu'elle jeune femme : "Il est impossible de ressentir la douleur des autres. La souffrance ne peut être comprise que par celui qui souffre. La pitié n'est rien d'autre qu'une satisfaction personnelle. Cela ne vaut pas mieux que de rester indifférent.". Shäan était bien d'accord. Elle ne voyait pas comment quelqu'un pourrait comprendre sa façon de pensée, sa façon de vivre. C'était tout simplement impossible. Chaque être humain était bien trop complexe, trop différent pour cela. Certaines grandes lignes pouvaient être compréhensibles. L'unité elle-même, non.

Amis ? Shäan faillit partir dans un éclat de rire. Si elle savait rire. Son regard se posa sur Eïko, et ses sourcils se froncèrent. Elle n'avait pas d'amis. Elle ne considérait personne comme des amis. D'ailleurs, que sont les amis ? Elle n'avait jamais obtenus de réponse. Les amis, ce sont des personnes qui acceptent tout ton être, qui te donne sans compter, sans jamais attendre quelque chose ? Shäan appellerait plutôt cela vénerer. Elle n'aimait pas mélanger deux choses. Mais si elle ne voyait pas de différence ou simplement pas de quoi cela en résultait elle n'utilisait pas ses mots. De toutes façons, elle n'avait de lien avec personne. Pas d'amis, pas d'amoureux, pas d'ennemies. Juste un patron et deux collègues. Rien de plus. Et elle n'aimerait pas en avoir. Des liens. Cela ne servait à rien. Cela pourrait tout au plus la faire souffrir, la rendre mal à l'aise ou lui faire peur. Cela ne lui donnerait rien, et de toute façon, elle n'avait besoin de rien. Elle se suffisait très bien à elle-même. C'était idiot d'en vouloir plus que ce qu'elle avait déjà. C'était bien assez suffisant. Si elle en voulait un jour plus, alors, elle en voudrait toujours plus et cela n'aurait pas de fin.

"Des amis ? Qu'est-ce qu'un ami ? Je ne considère personne comme plus important que d'autres. Je ne parle avec personne, qui pourrait s'inquiéter pour moi, ici ? Nous sommes tous plus blessé les uns que les autres. Je ne savais pas que certains s'inquiétaient encore des autres alors qu'ils sont eux-même mal au point. À part vous, je ne savais pas que d'autres faisait abstraction de leur souffrance."

La jeune femme posa son regard insistant sur Eïko. Elle n'avait pas dit directement qu'elle souffrait. Ce n'était pas juste. Elle ne ressentait plus de la souffrance. Elle était bien trop vide pour cela. Mais le fait que certains mômes, à qui elle avait dû adresser la parole une ou deux fois se permettent de s'inquiéter pour elle. Elle qui n'avait rien, cela la rendait de mauvaise humeur. Elle n'aimait pas cela. Qui pouvait dire si elle souffrait ou non ? Si elle avait vraiment besoin de cette attention ? Seule elle-même pouvait répondre a ces questions. Non, elle ne souffrait pas, et non elle n'avait pas besoin d'attention. Elle voulait juste rester seule. Si certains étaient différents, souhaiteraient de l'affection, qu'ils le disent. Mais qu'ils ne mettent pas Shäan dans le même sac. Elle ne voulait pas de tout cela. La tendresse, l'affection, le don de soi. Tellement de moi qui la rendait perplexe. Qui la rendait neutre a tout. Elle ne voulait pas de tout cela. Elle avait toujours été assez discrète pour qu'on ne s'intéresse pas à elle. Pas trop non plus, juste comme il le faut.

Au départ, tout le monde est tellement anéantis qu'on ne s'occupe pas de vous. Puis au fur et à mesure, on se reconstruit et on ouvre les yeux. Alors on sauve les autres. Pour Shäan c'est différent. Elle a vécu en mode fantôme très longtemps, et si au départ elle restait recroquevillé dans un coin, elle à finit par ressemblait à une coquille vide. Elle était comme tout le monde, mais on ne savait pas qu'elle était vide. Elle ne ressentait plus rien. Alors on ne s'est pas interressait à elle. Et puis, elle à grandit ainsi, et n'a jamais changé. Elle ne s'est pas reconstruite. Jamais. Et c'est peut-être un peu tard pour s'occuper d'elle.

[Corrigé !]


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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 9 Avr - 4:34

Eïko était dans l'expectative, elle attendait le moment exact où l’autre exploserait. La jeune Mother, accoudé se demandait si elle devrait se servir de sa machette ou pas avant la fin de la discussion. Quand l'autre se décida enfin à répondre, Eï ne fut pas déçu.

"Des amis ? Qu'est-ce qu'un ami ? Je ne concidère personne comme plus important que d'autres. Je ne parle avec personne, qui pourrait s'inquièter pour moi, ici ? Nous sommes tous plus blessé les uns que les autres. Je ne savais pas que certains s'inquiétait encore des autres alors qu'ils sont eux même mal au point. A part vous, je ne savais pas que d'autres faisait abstraction de leur souffrance."

Une pointe de philosophie nimbée d’ironie qui n’étonnait pas vraiment Eïko, ce genre de discours elle les avait si souvent entendus. Elle prit une longue inspiration ne se départant pas cependant de son sourire et posa un regard sur la jeune demoiselle auprès d’elle. Un temps, elle réfléchit à ce qu’elle allait lui dire, comment contrer tant de mal être condensé en un si petit bout de femme.

« N’est-ce pas justement dans ce genre de moment que l’on a besoin des autres… »

La phrase resta suspendu, la petite moue d’Eï-chan laissait clairement voir qu’elle n’avait pas terminé de parler, mais qu’elle pesait ses mots avant de continuer. Il était simple d’écraser les gens sous sa vision des choses, mais quand il s’agissait d’essayer de les comprendre afin de les aider, la tache devenait soudain plus ardue. Après tout elle n’était pas la mère de la jeune et lui dire « c’est ça la vie un point c’est tout… », était sûrement la chose à ne pas faire.

« Comment peut-on expliquer ce qu’est un ami ? Si tu le désire, je serait ton amie… »

Elle parlait doucement, mais avec assurance, il était toujours évident qu’elle n’avait pas terminer. Elle laisser seulement le temps à la jeune fille d’assimiler la nouvelle. Ce demandant par la même occasion si elle ne se trompait pas radicalement de façon de faire. Ce combat dans lequel elle venait de s’engager ne se réglerait pas en un jour, mais peut-être pourrait elle encore avançait un peu avant que son amie ne se braque entièrement.

« Ce n’est pas parce que tu ne nous parle pas que nous ne t’aimons pas… Tu es l’une des nôtres, quoi qu’il arrive, tu sais ? »

Voilà le lien étrange qui liait les enfants de la tour était de nouveau sur le tapis, et quoi qu’il en coûte de le penser, ils étaient une grande famille. Les Grey’s Wolf malgré leur sales caractères, les gamins qui jouaient et se salissaient quelques mètre plus bas, ceux des alcôves, ceux de la salle du pendus, celle qui vendaient leur corps au centre, ceux qui rodaient dans les ruines. Tous, ils étaient la famille d’Eï-chan, alors cette jeune demoiselle, qui semblait outrer qu’on lui adresse la parole n’était même pas une excentrique comparée au déboire de Kitsuné ou à l’extravagance de Ryuku. Elle avait sa particularité comme chacun. Cependant aurait-il fallut que Eï la regarde se dessécher intérieurement sans réagir. Que pensait-elle ? Que personne ne pleurerait s’il advenait qu’elle disparaisse ? Pensez-elle que cela ne se verrait pas ? Non, la famille s’est sacrée, c’est ce qui faisait de Shibuya autre chose qu’un tas de ruine et qu’une bande de similis d’être humain qui ressemble plus à des corbeaux qu’au bipède que désigne leur nom.

Eïko s’étira brusquement, légèrement assombri par les dernières réflexions qui lui étaient passé par la tête. Son regard se porta loin sur l’horizon et une chose était sûr devant elle seul des ruines s’étendait. Pourtant ce n’est pas le désespoir qu’elle en notait mais plutôt chaque bon détail, les enfants qui jouaient porteur de leur espoir et de leur vie propre, chaque bout de « machins » que les gens de la tour avait remis debout et qui promettez d’être des lieux merveilleux ou du moins mieux que ce tas de ruines.

Elle refusait de se laisser aller à voir seulement la situation présente, comme s’il s’agissait de la fin de tout, mais voyait toutes les modifications qu’ils y feraient avec le temps. Son sourire repris son éclat perdu le temps d’une vision éphémère, Eïko replongea son regard dans celui de sa compagne. Elle pesa encore ses mots ayant peur de la faire fuir ou de la faire pleurer.

La faire pleurer… Déjà ce serait un début qu’elle expulse tous ses sentiments négatifs, qu’elle arrive à s’en détacher et à exprimer enfin sa peur, sa colère et son désespoir. Au lieu de dissimuler le tout sous une couche de « m’en foutiste » tout juste bon pour les ados en crise. N’était-ce pas ce qu’elle était ? Eï se le demanda sérieusement.

« Tout le monde souffre, à quoi beau le nier… Mais pourquoi ne pourrais-tu pas dire ce que tu as sur le cœur ? Personne ne te le reprochera si tu souris ou si tu pleures pour de vraie, tu sais ? »

[Un peu cours peut-être ? Désolée]
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Shäan Elwë

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 9 Avr - 6:44

[Pas de problème ! Corrigé !]

Besoins des autres ? Ce serait le comble. On ne puise plus dans nous-même, mais directement chez les autres. C'était assez égoïste, non ? Shäan n'était pas égoïste. Pas parce qu'elle trouvait cela méchant, elle s'en fichait. Simplement parce qu'elle n'avait pas besoin des autres. Elle était égoïste seulement dans sa façon de se complaire dans sa vie. Sans s'attarder aux regards des autres. Mais Eïko n'en avait pas finis de la sermonner. La sermonner d'une façon mielleuse, douce, généreuse. Totalement dégoutant. Horripilant. À en vomir.

Son amie ? La blague ! Shäan garda néanmoins son visage impassible. Lui montrait son ironie quand au fait de sa remarque, et elle aurait gagné quelque chose. La pire chose qu'on puisse faire aux autres, c'est de ne leur montrer que l'indifférence. Il paraitrait. Chez Shäan, c'était l'inverse. Si vous l'appréciez, vous la laissiez seule. Simplement. C'était respecter ce qu'elle souhaitait, c'est respecter son être. C'était lui montrer de l'affection sans le faire. Qu'elle ne le voit pas, qu'elle ne le sente pas. C'était tout simplement cela qu'elle attendait de chacun. Et que personne ne comprenait jamais. C'était vraiment navrant. Pour eux comme pour elle. Personne ne voulait s'écouter, céder de terrain.

L'aimer ? Nan ? Quelqu'un pouvait-il l'aimer ? Quand elle avait encore une famille, une vraie, elle aurait pu presque comprendre. Quoi qu'elle n'avait plus aucun souvenir de son passé. Elle ne s'en souvenait plus, et ne voulait pas s'en souvenir. C'était sûrement douloureux. Et elle en avait plus que marre de souffrir. Si elle pouvait en avoir marre de quelque chose.

"Je n'ai pas besoin de votre compassion. Ni de votre amitié. Si je suis ici, c'est un peu par défaut. Je ne connais rien d'autre. Et c'est plus sécurisé que d'autres quartiers."

C'était la vérité. Pure est simple. Si elle était ici, c'était pour plusieurs raisons. Elle avait échoué ici quand la catastrophe était arrivée. Elle avait simplement suivi le flot des humains blessés. Puis, elle avait grandi, elle ne s'était pas, a proprement parlé, attaché au lieu. Plus précisément, c'était une habitude de revenir ici. Elle y connaissait les moindres recoins et ne manquait jamais de rien. Personne ne lui demandait rien, ne s'occupait d'elle. Elle était dans un calme absolu ici. À part quand un gamin traversé en courant le couloir où elle dormait. Et encore, c'était plus reposant que ce que l'on pouvait imaginer. Cela laissait à penser qu'il y avait encore de la vie, que le cauchemar n'avait pas encore réapparut. Qu'une nouvelle catastrophe n'avait pas encore frappé ces lieux. Qu'elle n'était pas la seule survivante. C'était se sentir moins seule.

Et puis, les autres quartiers étaient tellement différents. Elle n'y connaissait rien. Les gens auraient pu lui vouloir des choses, lui parler. Et se réveiller chaque jour dans le silence le plus complet, c'était frustrant. Effrayant. Cela lui rappelait sans cesse ce terrible jour. Et elle ne voulait pas s'en rapeller. Car cela lui faisait encore penser qu'elle était une humaine qui ressentait des émotions. Hors, cela ne pouvait être vrai. Elle n'était plus la gamine effrayée et effondrée de l'époque. Non, elle était forte.

"C'est bête, mais je ne ressens strictement rien. Je ne souffre pas. Contrairement à vous tous, j'ai tourné la page définitivement. Je ne regrette pas ma vie d'avant. Je n'espère rien du futur. Je n'ai rien sur le coeur. Ni haine, ne tristesse, ni gaité. Pour de vrai ? C'est quoi, la réalité ? Je ne me sens pas le besoin de sourire, ni celui de rire. Je ne souffre pas, je ne suis pas heureuse. Cela me suffit."

La jeune serveuse se leva doucement et passa une main dans sa chevelure. Le vent commençait à les emmêler et c'était un peu dérangeant. Le regard las de la jeune Shäan se perdit dans le paysage qui lui faisait face. Délabré, en ruine, vide, désert. Comme son coeur. Et elle se passait bien de reconstruction. Elle n'avait pas besoin de toute cette tendresse.

"Dégoutant." murmura-t-elle, comme pour elle-même.

Oui, elle n'aimait pas cela. Cela la répugnait. De voir tant d'amour, d'affection, de tendresse, d'amitié, de reproche bienheureux. C'était quoi, à tous, leur problème ? Vouloir l'amour et la paix partout, c'était idéalisé une chose impossible. Utopique. Et Shäan ne vivait pas dans un monde utopique. Dans son monde à elle, d'accord, mais pas dans une utopie. Cela ressemblait plutôt à l'enfer. Certainement en mieux.


Dernière édition par Shäan Elwë le Ven 16 Avr - 22:32, édité 2 fois
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Eiko Serizawa

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 9 Avr - 20:00

Eîko se demandait si elle n'était pas allée trop loin, elle se rappela, une jeune fille. Comment se nommer t'elle ? Elle ne savait plus... trop de visage, trop de noms, se bousculaient dans sa caboche, et la jeune Eï avait alors encore un peu de mal avec toutes ses nouvelles responsabilités. En tout cas elle avait quinze ans d'une année plus vieil que notre cher Mother et elle tenait se genre de discours. Quand Eï retournait dans une partie des alcôves abandonnée à présent, elle revoit encore le corps se balançant au bout de câbles électriques et une certaine révulsion venait égayer son système digestif. Aujourd'hui elle imaginait la même scène, sauf qu'au bout du fil ce n'était plus la même personne. Le pire c'est que ce genre de personne n'imaginait à aucun moment la douleur de ceux qui les côtoyait. Eî se contenta de regardait le paysage quand l'autre répondit :

"Je n'ai pas besoins de votre compassion. Ni de votre amitié. Si je suis ici, c'est un peu par défaut. Je ne connais rien d'autre. Et c'est plus sécurisé que d'autres quartiers."

Plus sécurisés ? C'était se bercer d'illusion, il est vrai que les Grey'sWolf faisaient pas mal leur boulot, mais entre certaines parties de la tour qui tombent en ruine, des gamins dépressifs qui font n'importe quoi, les bagarres pour "qui à voler ma copine". Non, le quartier le plus sûr restait le centre. Et tous ceux qui désiraient une vie sans trop de souci y allaient. Sauf quand l'on était un gamin, mais Shaän n'en était plus une à présent, non ? Eï analysait encore chacune de ses réactions, ou plutôt son manque de réaction. Beaucoup auraient abandonné devant une telle muraille, sauf que Eï était du genre un peu chiante quand elle s'y mettait. Pour elle toutes les fibres de cette gamine, appelé au secours, ne pas répondre à cette appel, ce serait renoncer à son essence, à ce qui faisait d'elle ce qu'elle est. Elle s'arma donc de patience. Et quand la gamine rouvrit la bouche pour une nouvelle tirade, Eï ne fut même pas surprise par le ton presque monocorde. Apparemment plus elle était troublé et plus elle semblait dénuer d'émotion.

"C'est bête, mais je ne ressens strictement rien. Je ne souffre pas. Contrairement à vous tous, j'ai tourné la page definitivement. Je ne regrette pas ma vie d'avant. Je n'éspère rien du futur. Je n'ai rien sur le coeur. Ni haine, ne tristesse, ni gaité. Pour de vrai ? C'est quoi, la réalité ? Je ne me sens pas le besoins de sourire, ni celui de rire. Je ne souffre pas, je ne suis pas heureuse. Cela me suffit."

Eïko l'écouta, sans plus, c'était la même rengaine, exposer sur un autre ton, le même appel de détresse, qui sonnait aux oreilles de Eï comme un "J'ai perdu ma raison de vivre, au secours", c'est à ce moment que Eïko se dit qu'elle avait poussé la gamine trop loin derrière ses murs et que si elle continuait comme ça elle finirait par s'enfuir. Si, elle avait été sa mère, elle l'aurait giflé et lui aurait dit toutes les souffrances par lequel elle était passée , pour que sa famille puisse vivre. Apparemment elle n'était pas capable de voir le bon côté des choses, elle préféré se contenter du "verre à moitié vide". Voilà, Eï n'était pas sa mère, alors elle ne répondit pas encore...

"Dégoutant.
-Quoi donc ? "

Cette exclamation ne semblait pas concerner directement leur conversation, elle avait le son plutôt d'une conclusion de pensée qui serait échappée de la bouche de la jeune fille. Eïko qu'en à elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir faire afin de ne pas la perdre. Cependant, elle ne se faisait pas d'illusion, comment raisonner un tel être ? Autant mettre les pieds dans le plat une fois pour toutes non ? Se posant cette question Eî se hissa en face de la jeune fille assise sur le rebord du mur, son regard planté dans celui de son amie. Elle n'allait pas rabâchait la même chose pendant des heures, pour s'entendre répéter la même réponse sous toute les formes possibles et imaginables. Cette conversation n'était pas un échec, cependant il était inutile de la faire se braquer davantage.

"Si tu as besoin de parler tu sais où me trouver. En ce qui concerne être amis... Une amie me dit toujours :" Ce qui te passes par la tête ne me regarde pas, moi je m'en fou, je t'aime quand même..." et donc voilà..."

Elle posa un léger baiser sur le front de la jeune fille, trop vite pour qu'elle est le temps de réagir, si elle avait une quelconque envie de réagir d'ailleurs, puis se laissa choir sur le sol, retombant féline sur ses deux pieds, elle se dirigea d'une démarche lente vers les escaliers, laissant le temps à son amie de la rattraper ou de lui dire une quelconque remarque acerbe. Décidément cette Shaän était une fille intéressante...

[Bon comme tu veux, tu peux clore ou la rattraper, histoire qu'il y est un peu de mouvement... ]


Dernière édition par Eiko Serizawa le Sam 10 Avr - 16:38, édité 1 fois
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Shäan Elwë

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Ven 9 Avr - 22:28

[Héhéhé, impossible qu'elle la rattrape. Mais du coup c'est un peu court~ Corrigé !]

Shäan commençait sérieusement à en avoir marre. Déjà parce qu'elle était sûr que sa compagne la prenait pour quelque chose qu'elle n'était pas. Elle en était sûr et certaine. Elle n'était pas une jeune fille en proie à ses peurs, à ses doutes. Elle était vide, certes, mais elle n'était pas malheureuse. Sa vie était très bien ainsi. Elle n'était pas une jeune fille qui criait au secours, mais dont la fierté exigeait qu'elle ne le dise pas à pleins poumons. Non, elle n'était pas une jeune fille qui avait besoin de parler pour réfléchir ou simplement oublier. Elle ne voulait pas réfléchir, elle avait déjà oublié. Ses peurs, ses cauchemars n'existaient plus. Elle vivait depuis bien longtemps ainsi, et cela ne regardait personne. Si les réponses qu'elle donnait ne faisait pas comprendre à Eïko qu'elle se plantait totalement, elle ne voyait pas comment lui dire plus simplement d'aller voir ailleurs. Elle n'était pas une de ces choses toutes mignonnes et sans défense à sauver. Pas une de ces poupées avec laquelle Eïko pouvait jouer. Certainement pas. Elle connaissait très bien ce genre de personne. Ils croient tout savoir, ils croient que tous autour d'eux souffre et leur demande leur aide. Pas Shäan. Elle veut juste vivre tranquillement, sans qu'une idiote aux rêves utopiques viennent bêtement lui porter un secours inexistant. C'était vraiment trop crétin.

"Toute cette gentillesse. Je déteste cela."

La jeune Shäan se tourna vers Eïko, lui lançant un regard peu sympathique. Pas non plus un regard menaçant ou meurtrier. Non, juste un regard qui disait :"je hais ce qui t'anime". Juste un regard qui lui demandait de ne plus la voir comme une fille perdue. Un regard qui lui disait qu'elle n'avait plus rien à faire ici. Un regard qui lui annonçait qu'elle avait perdue son combat. Shäan n'écoutait pas ses sermons. Shäan se fichait de savoir si tel ou tel abruti pensait à elle comme une amie. Elle se fichait qu'Eïko croit encore au bonheur et à l'amitié. Elle, elle n'en avait que faire. C'était idiot de croire en quelque chose. Elle n'était pas attirée par le futur.

"Ton amitié, tu peux te la garder. Sors la à quelqu'un qui en veut. Je ne suis pas cette personne."

Eïko venait à peine de poser un baiser sur son front que la jeune fille fronça les sourcils. C'était quoi encore ça. Elle n'en avait pas assez ? C'était désespérant. Elle avait tout sorti. Tout sorti pour qu'Eïko la laisse enfin tranquille, seule avec elle-même. Elle n'avait pas besoin de cette personne. Elle n'avait besoin de personne. Elle voulait le silence, la tranquillité le calme. Elle ne voulait pas de pitié, de compassion, d'amitié ou de tendresse. Elle détestait l'affection. C'est ce qui faisait ressentir des choses comme la souffrance, l'inquiétude, le bonheur, la peur. C'était des sentiments forts qui étaient trop durs à vivre encore.

Shäan ne regarda pas Eïko partir. Elle s'en fichait. Elle espérait juste qu'elle ne reverrait plus. Et qu'elle ne raconterait pas à tout le monde qu'une dingue en soif de bonheur mais qui ne veut pas l'accepter s'appelait Shäan. Surtout pas. Surtout pas d'attention. C'était trop dur à vivre. Trop dur à endurer. Elle se sentirait obligé de partir. De former une autre vie ailleurs. C'était déjà assez dur d'oublier tout son passé pour vivre ici, comment revivre la même chose. Le but d'Eïko n'était pas de la faire fuir, au départ, non ? Juste de la faire avouer un truc qu'elle n'avait pas. Alors pourquoi Shäan avait soudainement le besoin de partir loin d'ici, loin de cette fille horrible qui se trompait injustement ? Certainement pas parce qu'elle avait raison. Elle avait tort. Mais peut-être parce qu'elle redoutait la venue d'autres personnes qui la regarderaient de la même façon. Comme un animal blessé qu'il faut soigner, alors que cet animal à cela dans le sang. Il peut se soigner tout seul, retrouver sa liberté. Mais non. On l'enferme, on l'apprivoise, on lui fait oublier ses instincts. Et on le prive de sa liberté.

Shäan veut juste continuer de penser d'elle-même. Que ses décisions soient prises par sa volonté, et non celle des autres.


Dernière édition par Shäan Elwë le Ven 16 Avr - 22:39, édité 1 fois
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Kashyapa Sari

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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   Dim 11 Avr - 5:15

!Avertissement!



Le forum est un lieu de détente , mais aussi d'écriture ; respectez les règles elémentaires de la langue :

-ponctuation
-saut de lignes pour plus de clarté
-orthographe...

Corrigez ces fautes, pour le bien-être de tous vos lecteurs et membres de ce forum, sinon je serais dans l'obligation de demander la suppression de ce Rp!
Bonne continuation! ;)
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MessageSujet: Re: Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]   

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Le silence ne donne pas le sommeil [PV Eiko][Clos]

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